Aller au contenu
Dossier criminel : Charles Manson, l’obsédé des Beatles!

Une enfance chaotique 

Comme dans le cas de plusieurs criminels notoires, l’enfance de Charles Manson n’a pas été de tout repos. En fait, on pourrait même dire que la jeunesse de Manson l’a prédisposé à la vie criminelle dans laquelle il allait plonger par la suite. 
Charles Manson est né le 12 novembre 1934 d’une mère adolescente et d’un colonel afro-américain. L’origine ethnique de Manson s’avérera un élément central dans la vie de ce dernier puisque cela nourrira son immense haine envers la communauté noire. En effet, il semblerait que Manson n’acceptait pas du tout le fait que son père était Noir, certains ayant comparé cette aversion à celle que Hitler entretenait envers les Juifs. D’ailleurs, le procureur Vincent Bugliosi, chargé de l’instruction de l’histoire de Manson, a déclaré que l’origine ethnique de l’homme pourrait avoir été à la source de son éventuelle folie meurtrière. 
Manson n’a pas connu une enfance stable, bien loin de parents aimants et attendrissants. À l’âge de 5 ans, sa mère est incarcérée, l’envoyant alors chez son oncle et sa tante. À la suite de sa libération, la mère de Manson tente de le récupérer, mais les services sociaux lui refusent en raison de ses problèmes d’alcoolisme. Manson sera alors envoyé dans une école spéciale de l’Indiana où commencera sa carrière criminelle et une série de placements. 
Voyageant de centres d’accueil en centres de détention (dont l’un dans lequel Manson déclarera avoir été violé), l’adolescent commettra une série de délits. Le premier pour lequel il est incarcéré à l’âge de 14 ans est celui d’un vol dans une épicerie. À 16 ans, des médecins le jugent déjà comme étant « agressivement antisocial ». Puis, à 18 ans, un psychiatre stipule que Manson souffre d’un « traumatisme psychique ainsi que d’une grande sensibilité blessée par un manque d’amour et d’affection ».
 

Le criminel fasciné par les Beatles

En 1958, Manson décide de « jouer dans la cour des grands » en tentant de devenir proxénète. Or, en émettant un chèque sans fonds, il se fait coincer et retourne en prison. Deux ans plus tard, Manson, qui a tenté sans succès de devenir musicien, développe une profonde fascination pour les Beatles. Celle-ci est telle qu’il interprètera et modifiera profondément les titres et les paroles des chansons de l’album Blanc du groupe, jetant dès lors de l’ombre sur les pièces de ce dernier. 

À 32 ans, ayant recouvré sa liberté, Manson fonde une communauté hippie que l’on connaîtra sous le nom de « La Famille ». Comme bien des gourous, Manson utilise son énorme charisme afin de recruter ses disciples, surtout composés de jeunes femmes. Il les « guide » dans des régions peu accueillantes de la banlieue de Los Angeles et ils finiront par s’établir dans une grotte ainsi que dans des ranchs.  Aidé par plusieurs drogues hallucinogènes, Manson fera croire à son groupe de fidèles qu’il est la réincarnation du Christ et que la fin du monde est proche. En outre, l’apocalypse sera provoquée par les Noirs qui, en prenant le contrôle du monde, perdront le contrôle sur ce dernier. À ce moment, aux dires de Manson, les Noirs se tourneront vers lui afin qu’il les guide. 
La vie au sein de la secte n’est pas reluisante. Le groupe vit essentiellement de vols et du trafic de drogues. Plusieurs femmes servent d’esclaves sexuelles et le groupe obtient le surnom de « Garbage People » par le voisinage puisque ses membres devaient fouiller dans les poubelles afin de ramener de la nourriture. Malgré tout, l’emprise de Manson sur ses fidèles est si forte que ces derniers le suivront, même dans ces conditions précaires. 

La vague de meurtres commandés par le prophète 


Afin d’appuyer ses affirmations, Manson inculque à ses fidèles sa propre prophétie affirmant que, tel que mentionné plus haut, les Noirs finiraient par dominer le monde. Or, les affirmations de Manson ne sont pas dues à des visions ou à une foi inébranlable, mais plutôt à un savant mélange d’extraits de la Bible et de paroles de l’album Blanc des Beatles. Par exemple, il modifiera totalement le sens de la chanson
Helter Skelter pour justifier sa vision du monde et même d’éventuels crimes de la secte. Alors que les Beatles désignaient Helter Skelter comme un toboggan en spirale dans une fête foraine, Manson soulèvera plutôt la désorientation et la confusion de ces mots qui, par le fait même, désigneront le chaos qui suivra la prise de pouvoir des Noirs. 
En août 1969, afin de prouver à ses disciples qu’il a raison et question de précipiter les affirmations contenues dans sa prophétie, Manson commande une série de meurtres dans les beaux quartiers de Los Angeles. Le but de Manson est clair : provoquer le désordre et l’ahurissement en tentant de faire passer ces assassinats sur le dos de la communauté noire. 
Le meurtre le plus connu de la secte de Manson, puisque le plus médiatisé, fut celui de l’actrice Sharon Tate, alors épouse du réalisateur Roman Polanski et enceinte de 8 mois. Le lendemain, les membres de la secte assassineront aussi un riche couple de Los Angeles. S’ensuivra une série de meurtres, tous marqués par de sanglantes signatures telles que « Death to Pigs », « War » ou « Rise ». 

Une arrestation fortuite 

La police de Los Angeles ne sait où tourner ses soupçons pour ces meurtres. Pire, elle n’établit aucun lien entre la plupart d’entre eux. La population exigeant des résultats, surtout après l’assassinat de Sharon Tate, les forces de l’ordre tentent tant bien que mal de creuser les minces preuves qu’ils ont en leur possession. 
C’est une arrestation tout à fait fortuite qui mènera les policiers sur la trace de Manson. Arrêtant Kitty Lutesinger par hasard, cette disciple de Manson finira par avouer les meurtres auxquels elle a participé à des codétenues. Cela ne prendra pas de temps pour que les informations parviennent aux policiers, qui finiront par remonter la piste jusqu’à Manson lui-même. 
Dès le premier jour du procès de « La Famille », qui demeure encore aujourd’hui le plus long et coûteux de l’histoire judiciaire des États-Unis, Manson se fait remarquer par l’étrange symbole sur son front. Ayant gravé une croix entre ses sourcils, Manson finira par la transformer en croix gammée au fil des ans, marque permanente témoignant de sa folie. Le 25 janvier 1971, à défaut d’avoir été présent sur les scènes de crimes, Manson est reconnu coupable d’avoir commandité les meurtres de sa secte. Le 29 mars, il est condamné à la peine de mort, mais se sauve finalement de cette peine lorsque la Cour Suprême annula les peines capitales jugées avant 1972. La sentence de Manson est alors transformée en une peine de prison à vie. 
Malgré son incarcération, la secte de Manson continuera de faire parler d’elle. En outre, en 1975, Lynette « Squeaky » Fromme tente d’assassiner nul autre que le président Gerald Ford. Puis, en 1978, Manson revient à l’avant-scène en demandant une première libération conditionnelle, qui lui sera refusée. Depuis cette époque, l’homme a tenté à 12 reprises d’être libéré sous conditions, ce qui lui a toujours été refusé. 
 

Aux yeux de la justice, Manson demeure toujours un criminel extrêmement dangereux et il serait très surprenant, malgré de futures demandes, qu’il soit un jour libéré. La justice américaine, réputée pour son intransigeance, ne retirera pas de son système carcéral l’un des criminels les plus connus de son histoire sous peine de soulever la colère de la population, et ce même plus de 30 ans après la commission des crimes. 

L’influence de Manson 

Un élément toujours aussi fascinant à observer dans les cas de criminels notoires est l’influence qu’ils ont sur la société. Même s’ils provoquent l’horreur et l’indignation, ces criminels s’attirent les faveurs, voire les louanges d’une tranche de la population. Leur influence est telle que des artistes ne peuvent s’empêcher de leur faire référence, peut-être pour qu’on n’oublie jamais ce qu’ils ont fait.
Dans le cas de Manson, cela est encore plus vrai. Ainsi, dans le domaine musical, le chanteur Marilyn Manson a conçu son nom de scène en combinant les noms de Marilyn Monroe et de Charles Manson. D’ailleurs, le chanteur a enregistré son premier album studio dans la maison où Sharon Tate a été assassinée! Si cela peut paraître morbide, ce n’est pourtant pas un acte réservé au chanteur puisque le groupe Nine Inch Nails a également enregistré l’album The Downward Spiral dans cette maison. D’ailleurs, les pièces Piggy et March of the Pigs de cet album font référence aux signatures laissées par les membres de la secte après leurs meurtres. 

Au petit écran, la série
South Park a clairement fait allusion à Charles Manson dans l’épisode Joyeux Noël Charlie Manson de la saison 2. Dans ledit épisode, les protagonistes de la série rencontrent Charlie Manson, un ancien tueur en série arborant une croix gammée sur le front. 

La franchise de films d’horreur
Chucky fait elle aussi référence à Manson. En effet, la poupée maléfique est possédée par l’âme du tueur en série Charles Lee Ray, dont les trois noms sont composés de ceux de criminels américains (Charles Manson, Henry Lee Lucas et James Earl Ray). 
Des exemples comme ceux-là, il y en a des dizaines et des dizaines. Avouez que le paradoxe entre l’horreur et la fascination de la population pour les criminels est tout de même intéressant à observer ! 
Source photo : arts.nationalpost.com, favim.com, 2violent.com, huffingtonpost.com
Plus de contenu